La promotion 2024-2027 de l’EPPA porte désormais le nom de…
Partager l'actualité
…« Convoyeuse de 2e classe Wilhelmine Ruinart de Brimont ».
Le samedi 27 juin 2026, lors d’une cérémonie présidée par le médecin général des armées Jacques Margery, directeur central du Service de santé des armées, les élèves de la 2e compagnie de l’EPPA ont reçu leur nom de baptême en présence d’autorités, de l’ensemble des élèves des Écoles et de leur famille.
En s’adressant à la promotion nouvellement baptisée, le médecin général Pierre-Eric Schwartzbrod, commandant les EMSLB, a déclaré : « Il est des noms qui engagent, qui vous engagent. Celui de la convoyeuse de 2e classe Wilhelmine Ruinart de Brimont, choisi pour baptiser votre promotion, n’est pas une simple référence historique. C’est une boussole, une exigence, une promesse faite à tous nos anciens, à tous vos anciens. ».
« Chers élèves, à compter de ce jour, vous portez le nom de Wilhelmine Ruinart de Brimont. […] Lorsque demain un blessé ouvrira les yeux en cherchant un visage rassurant, lorsque des frères d’armes attendront votre compétence, lorsque la mission semblera difficile, alors souvenez-vous du nom que vous recevrez aujourd’hui. Souvenez-vous qu’il incarne le courage, l’abnégation et l’honneur » a déclaré le MGA Jacques Margery dans son ordre du jour.
Portrait de Wilhelmine Ruinart de Brimont

Une femme que rien ne destinait aux théâtres de guerre
Née en 1909 à Paris, Wilhelmine Ruinart de Brimont n’est pas destinée a priori aux évacuations sanitaires sous les balles ni aux cockpits rudimentaires des avions militaires. C’est, comme l’a rappelé le MG Schwartzbrod, « une volonté farouche de servir son pays et son prochain » qui la conduit dès 1936 à rejoindre les Infirmières pilotes secouristes de l’Air (IPSA), et à s’engager ainsi en Afrique, au Mali puis au Sénégal. L’année suivante, elle obtient un brevet de parachutisme, qualification alors exceptionnelle pour une femme. Ce n’est pas l’aventure qu’elle cherche : c’est l’utilité, dans ses formes les plus exigeantes. Elle restera toute sa vie fidèle à la devise des IPSA – « Inter aera caritas » – la charité dans les airs.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, elle soigne soldats et civils dans un monde en ruine. En 1946, très sérieusement blessée dans un crash aérien en Irlande, elle porte secours aux autres passagers avant l’arrivée des secours. « Elle ne s’effondre pas, elle se relève pour sauver les vies », a souligné le commandant des EMSLB.
De l’Indochine à l’Algérie : la constance comme vertu cardinale
En 1947, elle réussit brillamment le concours de convoyeuse de l’air et rejoint le Groupement des moyens militaires de transport aérien (GMMTA). Deux mois plus tard, elle s’engage en Indochine, où elle servira pendant sept ans, quatre mois et dix jours, sur les terrains les plus durs : Na San, Diên Biên Phu, Lai Chau, Dong Giao, jusqu’à trois rotations en une seule journée lorsque la situation l’exige.

Deux mois seulement après son retour en métropole, « sans jamais opposer sa fatigue au devoir », elle repart en Algérie, où elle accomplira six années de missions supplémentaires au sein du Groupement de transport aérien. Le 15 octobre 1958, elle assure deux évacuations successives de blessés graves à El Milia et Souk Ahras.
Au terme d’une carrière de 352 missions de guerre et 1 358 heures de vol, son supérieur la décrit sobrement comme une « très bonne convoyeuse, intelligente, compétente et organisée ». Des mots simples, mais, comme l’a relevé le MG Schwartzbrod, « au regard de ce qu’elle a vécu, ils valent tous les éloges du monde ». Un autre chef résumera son engagement en une phrase : « Ceux qu’on lui confiait blessés nous étaient rendus vivants. »
Elle quitte définitivement l’armée en 1962 avec le grade de convoyeuse de 2e classe, décorée de la Légion d’honneur, de la croix de la Valeur militaire avec étoile de bronze, de la croix de guerre des Théâtres d’opérations extérieures et de la médaille de l’Aéronautique.

Un héritage, une exigence
« Ce qui frappe dans ce parcours, ce n’est pas l’accumulation des citations ni l’éclat des décorations. C’est la constance. La décision, renouvelée chaque jour, de soigner encore, dans l’urgence comme dans l’horreur, avec précision et humanité », a déclaré le MG Schwartzbrod en s’adressant aux élèves.
Car c’est bien là que les parcours se rejoignent. Comme l’a rappelé le MGA Margery, l’infirmier militaire est « souvent le premier au contact du blessé. Le premier geste qui sauve. La première voix qui rassure. Le premier regard qui redonne espoir ». Servir dans cet uniforme « exige davantage qu’un diplôme : cela exige le courage de partir, la discipline de tenir, l’humilité de servir et la force morale d’accompagner la souffrance humaine sans jamais se détourner ».

En recevant ce nom, la promotion reçoit bien davantage qu’un patronyme. « Vous recevez un exemple, une exigence et un héritage qu’il vous appartient désormais de faire vivre », a conclu le directeur central du Service de santé des armées, avant d’adresser aux jeunes élèves ces derniers mots : « Lorsque viendront les longues gardes, souvenez-vous d’elle. Lorsque l’entraînement semblera rude, souvenez-vous d’elle. Lorsque le doute se présentera, souvenez-vous d’elle. »

Le nom de Wilhelmine Ruinart de Brimont n’est pas, selon le MG Schwartzbrod, « le souvenir figé d’une héroïne, mais l’élan vivant d’une femme qui a choisi, encore et encore, de se mettre au service de la vie et de son pays ».
Après le dévoilement du nom de la promotion, tandis que les élèves se voyaient remettre leur insigne sous forme de patch (les usines du fabricant de l’insigne ayant dû interrompre les fours pour cause de canicule) par leurs marraines et parrains, un enregistrement de la voix de la marraine a été diffusé sur la place d’armes :
Album photos de la cérémonie du baptême de la promotion Wilhelmine Ruinart de Bruimont
Nos autres actualités